La survie… souvent lorsqu’on se déplace en forêt, bien peu de chose peuvent nous séparer d’une situation de survie, une petite foulure de cheville imprévue à plusieurs kilomètres de toute civilisation, un embranchement qui s’avérait être le mauvais chemin sur lequel on court depuis des heures, etc. Encore plus lorsqu’on fait du trail. En effet, en trail on n’apporte souvent moins de matériel, car on désire voyager léger et couvrir de longues distances. Cependant, ces situations peuvent être lourde de conséquences si on ne connaît pas les rudiments de la survie et toutes ces facettes. Après vous avoir présenté dans mon précédent article : https://philipperobert.ca/preparation-longue-sortie/ comment vous préparer pour votre longue sortie de trail afin d’inviter ce genre de situation . Maintenant, voyons voir comment s’en sortir si jamais cela vous arrivait.

Bien entendue, la survie en forêt constitue un art en soi et un paquet de techniques existent. Donc, pour cet article j’ai choisi les principales techniques qui pourraient vous êtes utiles en situation d’urgence et ceux qui je crois, vous seront les plus pertinentes avec le sport que nous pratiquons. Cet article sera rédigé en trois parties 1. Le constat 2. L’acceptation et le passage à l’action 3. Trouver des secours et vous en sortir.


1. Le constat.

Cela fait des heures que vous erré dans les sentiers. Vous cherchez votre chemin ? et vous ne le trouvez plus ? En premier lieu ne pas paniquer, cette réaction pourrait plus vous nuire que vous aidez et de vous enfoncer encore plus dans la forêt.

  • Première chose à faire est tout d’abord de regarder vos acquis. C’est-à-dire, quel matériel avez-vous sur vous qui pourraient vous servir dans votre situation ? Souvent en situation de survie on oublie cette étape et pourtant elle est très pertinente, car elle vous permet en même temps de vous calmer et de regarder quel sont vos réserves de matérielles et de vivres.
  • Une fois vos acquis vérifiés, il est temps de vous en servir ! Vous avez une carte, une boussole, ou un GPS ? Parfait ,essayer de vous situer sur ceux-ci. Vous avez un couteau, un briquet ou bien un sifflet ? Super, ils pourront vous être utiles éventuellement. Vous avez encore des vivres (gels, sandwich, barres et gourde d’eau.) Excellent, mais essayer de vous rationner pour en garder un peu pour plus tard. Cependant, si vous avez faim ou bien soif, mangez ou buvez un peu quand même, car vous penserez mieux l’estomac rempli ! Profitez-en aussi pour vous reposer cela vous sera utile pour essayer de retrouver votre chemin.
  • Il est maintenant tant de retrouver votre chemin. Marquez l’endroit ou vous êtes, soit avec un bâton, du ruban de couleur, ou bien avec un symbole sur le sol. La chose la plus importante est de pouvoir retrouver l’endroit où vous étiez. L’idéal est que votre «marque» soit visible de loin.
  • La quatrième étape est de partir de ce point et d’essayer de retrouver votre chemin. Donc, partez d’un sens où l’autre du sentier et essayer de trouver des endroits qui vous sont familiers. Cependant, ne vous éloignez pas trop. Après 15-30 min retourner sur vos pas, si vous n’êtes pas sûr de l’endroit ou vous êtes. Une fois de retour au point départ, recommencez cette étape, mais vers une autre direction jusqu’à temps que vous trouvez votre chemin. Si vous avez une carte, essayer en même temps de vous orienter par les chemins que vous prenez et ce, tout en essayant de vous repérer avec les éléments qui vous entourent. (Ex: un sommet, un lac, une rivière, un embranchement, un pont, etc.)
  • Si c’est une blessure qui vous empêche d’avancer ou tout autre chose, laissez tomber la quatrième étape et passez directement au point 2.

2. L’acceptation et le passage à l’action.

Cela fait des heures que vous cherchez votre chemin, la nuit va bientôt tomber et vous essayer toujours de vous retrouver ? Ou bien encore vous êtes blessé et pas moyen d’avancer, votre cellulaire est à plat et vous ne pouvez joindre personne ? Maintenant, ça y est, vous voilà perdu… ou en très mauvaise posture.

  • La première étape, et une des plus importantes dans cette situation, est de vous mettre à l’abri et de vous installer pour la nuit. Vous devez trouver un endroit qui vous protégera du vent et des intempéries. *Si vous êtes blessés, trouvez-vous quelques choses (bout de bois, corde, etc) afin de vous faire une attelle, pour stabiliser votre blessure et pouvoir vous déplacer plus aisément si vous le pouvez.
  • Avant d’installer votre campement, vous devez identifier la zone idéale. Pour choisir cette «zone idéale», il faut choisir un endroit où la forêt est dense. Comme par exemple, dans un boisé de sapins touffus. De plus, regarder bien l’orientation du vent, car si votre abri est orienté directement dans le vent c’est comme si vous n’auriez pas d’abris du tout…Vous vous protégerez ainsi du vent et d’un des pires ennemis de la survie, le froid.
  • Une fois votre emplacement trouvé, il vous faudra tout d’abord, vous trouver du bois avant la tomber de la nuit. Du bois non seulement pour construire votre campement, mais aussi pour avoir une bonne réserve de bois pour votre feu. Plus vous en avez, mieux sait ! Et quand vous pensez en avoir assez, il vous en faut encore plus, car la nuit peut être longue et froide. Pour le feu, l’idéal est de vous trouver au moins 20 longues perches* (2 à 3 m) d’un bon diamètre (environ 10 à 15 cm). *Ces perches permettent d’éviter de rajouter des bûches à chaque fois. Vous n’aurez seulement qu’à les pousser vers le feu pour l’alimenter. En ayant aussi tout votre bois à l’avance, vous pourrez continuer la construction de votre abri et la peaufiner même s’il fait noir.
  • La construction de votre campement est la tâche la plus importante et ce qui fera la différence entre une «bonne nuit» et une nuit de … ! Voici quelques astuces que j’ai apprisses dans ma formation et qui vous seront surement très utiles. La technique d’abris est ici, l’abri banc de parc ou abri réflecteur. Un concept inventé par M.André-François Bourbeau (récipiendaire d’un record de survie) et qui vous gardera au chaud. En effet, grâce à son concept, le mur qui est derrière vous reflétera la chaleur de votre feu tout au long de la nuit.
  1.  Le mur pourri : Trouver vous deux arbres qui sont côte à côte et installez-y des perches de bois pourri que vous trouverez au sol et installez-les une par-dessus l’autre en y créant un mur. *Si vos arbres ne soutiennent pas assez le mur plantez-y une perche qui servira de support entre l’arbre et l’autre côté du mur pour que le tout soit stable.
  2. Le banc : à peu près à la moitié du mur installez deux petites perches (de 5 cm de diamètre et de 3 m de long) perpendiculairement au mur, afin de faire le support de votre banc. Ensuite, sur ces deux supports installez-y des petites branches pour que vous puissiez vous asseoir confortablement. Vous pouvez même rajouter des branches de sapin pour un confort accru.
  3. Le toit : Continuer à monter votre mur jusqu’à ce que vous puissiez être assis sur le banc et que le mur dépasse votre tête. Ensuite, installez-y, comme pour le banc deux petites perches (de 5 cm de diamètre et de 3 m de long) perpendiculairement au mur, afin de faire le support de votre toit. Ensuite, sur ces deux supports installez-y des petites branches pour que vous puissiez mettre des branches de sapin et de l’écorce de bouleau sur celle-ci, afin de vous protéger de la pluie.* Les branches de sapin doivent être orienté vers le bas pour que l’eau puisse s’écouler plus facilement.
  4. Le feu : Élément central de votre campement, celui-ci vous maintiendra au chaud. Faite-vous (comme en camping), un petit rond avec des roches alentour et mettez-le à proximité de votre banc. Ensuite, trouvez-vous des matériaux secs pour l’allumage et l’entretien. L’idéal pour l’allumage est d’avoir du bois provenant de résineux (sapin et épinette.) et pour l’entretien du bois provenant de feuillus (bouleau, peuplier, etc.) *Il existe un paquet de techniques pour l’allumage de feu en survie (avec ou sans feu.) Ici je n’aborderais pas ces techniques, mais un petit conseil, traînez-vous toujours un petit briquet dans votre sac cela vous évitera bien des soucis !

*Une image vaut mille mots – @photo: baccalauréat en intervention plein air (UQAC). Stéphanie Rondeau (gauche), Philippe Robert (Droite.)

  • L’important en survie et surement le conseil le plus précieux. Économisez-vous ! Plus nécessaire de courir, il faut que vous gardiez toute votre énergie à votre survie. Faite des mouvements lents et évitez de trop vous éloignez. Évitez les risques inutiles (montez dans un arbre, traversé un lac à la nage.) Votre entourage après 1 ou 2 journées, sauront que vous êtes perdu ou mal pris et contacteront les secours, plus vous bougez plus vous serez difficile à trouver. De plus, vous risquez de vous enfoncer encore plus dans le bois. À moins d’avoir une bonne idée d’où vous allez (suivre un ruisseau, suivre un chemin familier, suivre une piste de quatre roues, etc.) évitez les mouvements inutiles. *En gros, faite les mouvements d’un paresseux et restez vif et vigilant comme un renard quand il sera temps de passer à l’action !

*L’image de droite, illustre bien que survivre, c’est tenter d’atteindre les secours. Tout en maintenant son niveau d’énergie le plus haut possible avec les facteurs mentionnés et toute en essayant d’éviter les risques. @Image : tiré du Livre Surviethon, d’André-François Bourbeau. Tout droit réservé à son auteur.

3. Trouver des secours et vous en sortir.

Un autre élément important en survie est certainement de rester le moins longtemps possible dans cette situation. La survie n’a rien de plaisant, elle est désagréable et surtout dangereuse à long terme. Bien que certaine émission ou livre voudrait nous faire croire le contraire, il n’est pas aisé de se retrouver dans ce genre de situation. Pour vous en sortir, le meilleur moyen, est fort simple, il suffit surtout de garder le moral et de croire qu’on réussira à s’en sortir. Le facteur psychologique, joue pour beaucoup et est très important. C’est souvent ce qui fait la différence, chez une personne qui s’en sort ou non… Aussi, il ne faut pas oublier que d’avoir un minimum de connaissances dans le domaine augmentera considérablement vaut chance de survie. Chaque situation de survie est différente. Le terrain, les lieux, les conditions sont des facteurs qui influenceront vaut chance d’être secouru. Souvent en survie le meilleur moyen d’attirer l’attention est le feu et la fumée, ou bien encore les messages. C’est-à-dire, le fameux S.O.S inscrit sur le sol. Encore là, il existe une multitude de façon pour attirer l’attention des secours, en voici deux qui peuvent être utilisé dans plusieurs situations.

  •  Le Sapin de noël* : voici un feu de signalisation fort simple à faire et relativement efficace si on réussit à bien le construire. Cette technique, sert surtout à se faire repérer rapidement si jamais vous entendez ou voyez un véhicule, avion, bateau, etc. Tout d’abord, vous devez trouver un petit sapin d’un mètre et demi de haut, que vous planterez au sol dans un endroit dégagé et à l’abri des feux de forêt. Ensuite vous devez fournir votre sapin avec d’autres branches de sapin que vous mettrez par-dessus celui-ci, afin qu’il soit le plus touffu possible. Vous disposerez aussi d’écorce d’arbre un peu partout sur celui-ci, afin que le feu se propage partout. À la base de l’arbre vous préparez un feu avec des petites branches sèches et de l’écorce et du petit bois sec. Le but de ce feu est qu’il puisse brûler le plus rapidement possible pour atteindre les branches de sapin aux étages supérieurs. Pour que celui-ci soit efficace, il doit produire, une fumée opaque blanche verdâtre qui se verra des kilomètres à la ronde. Donc, plus il y a de branches de sapin mieux c’est.

  •  Le rectangle S.O.S* : le but de ce message de signalisation est d’être visible de haut pour un aéronef qui passerait au- dessus. Donc, la zone que vous inscrirez votre message doit être dégagé et doit soit être composée d’une plage de sable, d’un champ d’herbes, d’un lac glacé enneigé ou bien dans une clairière enneigée. Le principe est relativement simple il suffit de piétiner une grande zone de votre endroit dégagé, soit en écrasant l’herbe, en piétinant le sable l’été ou la neige l’hiver. Vous devez tout d’abord faire un grand rectangle de 150 pas de long et 50 pas de large. Ensuite vous pouvez inscrire le S.O.S une lettre à la fois en prenant bien attention de piétiner comme il faut dans les lettres (3 ou 4 pas de large.) Le S.O.S entouré d’un rectangle permet au message d’éviter de se confondre avec les traces autour. Vous pouvez aussi faire la même chose avec des branches d’arbre. Ce sera plus permanent, mais cela nécessite un peu plus de travail.

* Sachez qu’il est illégal d’émettre des signaux de détresse lorsqu’il n’y a pas d’urgence.


Bien que j’aie vécu quelques expériences de survie grâce à ma formation, loin de moi d’être un expert de la survie. Les conseils prodigués dans cet article sont tiré principalement de mes connaissances que j’ai acquises grâce à mon baccalauréat et notamment grâce à la lecture d’ouvrages de survie, comme le livre d’André-François Bourbeau que je mentionne plus haut. Un livre que je vous recommande fortement si vous souhaitez approfondir davantage le sujet. Un paquet de techniques intéressantes y sont présentés et cet ouvrage est tout à fait indiqué pour la survie au Québec dans la forêt boréale, notre principal terrain de jeu 🙂 ! En espérant que ces quelques lignes vous aideront si jamais vous vous retrouveriez par mal chance dans une ou l’autre de ces situations. D’ici là restez prudent et préparer adéquatement vos sorties en sentier ou de plein air, afin d’éviter dans la mesure du possible ce genre de situation !

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– Phil 

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