S’hydrater en course à pied constitue la pierre angulaire de notre performance. En effet, comme dans n’importe quel sport l’hydratation est un aspect qu’il ne faut pas négliger. Cependant, qu’arrive-t-il lorsqu’on manque de ce précieux nectar de vie en pleine longue sortie et en plein milieu des bois ? Hé bien, c’est surement le meilleur endroit pour manquer d’eau, car elle y est présente quasiment à profusion ! Bien souvent, dans les articles de nutrition on apprend comment s’hydrater dans une course, mais très peu de celles-ci aborde le sujet : comment le faire en plein milieu de la nature ? Lorsqu’on part pour une longue sortie de 3 h et plus, nos réserves d’eau peuvent rapidement s’épuiser et bien souvent, le sport que nous pratiquons, nous oblige à être léger et à boire souvent. Donc, nos réserves d’eau sont moindres et s’épuisent vite. Cependant, soyez sans crainte, l’hydratation en pleine nature est relativement facile et elle comporte même un petit côté rustique qui nous rapproche de nos ancêtres ! Il faut seulement avoir les bons outils et planifier un peu à l’avance… 🙂


1. Les maladies reliées à la consommation d’eau au Québec.

Rentrons toute de suite dans le vif du sujet ! Hé bien oui, il existe un paquet de maladies qui peuvent être reliées à la consommation d’eau au Québec, même dans les sources les plus pures… Je ne veux pas être alarmiste, mais les maladies reliées à la consommation de l’eau dans des sources naturelles peuvent être graves et doivent être soignées rapidement.

  •  La bactérie E. Coli : On la retrouve dans les intestins des animaux comme le poulet et le bœuf. Les symptômes sont des crampes, une diarrhée sanglante et peuvent durer une semaine. Peut causer de graves problèmes aux reins.
  • Les cercaires : Ce sont des petites larves qui vivent dans l’eau; elles y sont amenées par des oiseaux aquatiques. Elles causent des plaques rouges sur la peau qui gonflent et démangent beaucoup.
  • La Giardia : Le plus rependu dans nos lacs, bien souvent à cause des castors. Il s’agit d’un parasite qui se trouve dans des eaux contaminées par des selles humaines ou des excréments d’animaux. Provoque la diarrhée, des crampes au ventre, des gaz, des malaises et la perte de poids. Dans les cas les plus graves : vomissements, frissons, maux de tête, fièvre qui peuvent durer jusqu’à un mois.

2. Les différents milieux 

À moins bien sûr d’être sur un glacier où l’eau est parfaitement pure, il n’existe pas à ma connaissance d’endroit au Québec qui a cette qualité. Bien sûr, souvent vous allez entendre « J’ai bu l’eau de ce lac toute ma vie et je n’ai  jamais rien eut ! » Croyez-moi ce genre de discours n’est jamais une très bonne référence. Ces personnes pourraient être surprises de la qualité de leur eau si on effectuerait des tests… cela est probablement plus dû à la chance qu’à la qualité de l’eau ! Cependant, il existe bien des endroits au Québec ou l’eau à tendance à être plus potable que d’autres. Voici la liste des sources les «plus potables» aux sources « moins potables.»

Zones forestières

Les forêts du Québec, ont certainement une des meilleures qualités en matière de sources d’eau et plus on s’éloigne des milieux urbains, plus on est dans le nord, mieux c’est !

A. Petit lacs alpins (ex ; lacs de l’Acropole des draveurs)                    B. Petit ruisseau en montagne (avec forte inclinaison)

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C. Ruisseaux                                                                                               D. Rivières

cc by-nc-nd Bruno Monginoux www.photo-paysage.com & www.landscape-photo.netriviere2

 

E. Lacs forestiers                                                                                          F. Les marais (en dernier recours,,,)

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Un élément à retenir dans tout cela ? Dites-vous que plus l’eau est en mouvement, plus l’eau aura des chances d’être potable. Pour ce qui est des zones agricoles ? et urbaines ? oublier ça… ! J’aimerais mieux boire l’eau boueuse et brune d’un marais que boire cette eau plein de coliformes fécaux ! Cependant, faite attention aux barrages de castor… si votre merveilleux ruisseau, où l’eau a l’air très pure, comporte un barrage de castor en amont de celui-ci, il ne sera guère plus potable qu’un marais…

3. Le traitement de l’eau adapté au trail.

Il existe une grande variété d’outils et de produits pouvant servir à traiter l’eau. Voici les plus communes :

Désavantage : Système souvent gros et difficile à traîner.

Maintenant, sur le marché, il y a aussi des pailles appelées LifeStraw qui permettent de boire de l’eau à même le ruisseau grâce à un filtre intégré.  Utiles pour nous les coureurs, car le produit est relativement léger et se transporte bien. Cependant, cela nous oblige à nous arrêter constamment et à dépendre des sources d’eau en chemin. Il y a aussi des gourdes d’eau avec filtre qui sont disponibles, mais selon moi, elles ne sont pas encore toute a fait adapté pour notre pratique. (Plus utile pour le vélo ou la randonnée.)

Avantage : Léger, se transporte bien, purifie l’eau en ne laissant aucune chance aux bactéries et permet de purifier de grandes quantités d’eau à la fois, sans trop d’efforts et de temps. (1 pastille = 1 litre d’eau), peut dispendieux.

Désavantage : Goût de chlore, n’élime pas les impuretés dans l’eau (brindilles, herbes, boues, etc.) Il faut compter 30 min d’attente pour pouvoir boire l’eau (le temps que les pastilles produisent leurs effets.)

Avantage : Purifie rapidement l’eau 90 secs pour 1 l d’eau, pas de goût de chlore.

Désavantage : Laisse les impuretés dans l’eau, peu efficace si l’eau n’est pas claire, dispendieux.

Bien entendu, il existe d’autres sortes de produits intéressants et nous pourrions en parler pendant des heures. Selon moi, ceux-ci sont les plus efficaces si nous prenons en compte les besoins de notre pratique. (Légèreté, besoins d’une grande quantité d’eau rapidement, facile à traîner dans un sac d’hydratation, etc.) Celui que je préfère dans tout cela ? Ce serait sans hésiter les pastilles ! Elles sont légères, se glissent facilement dans toute petite pochette, efficace en matière de traitement des bactéries, ne coûtent quasiment rien, permettent de traiter une grande quantité d’eau en même temps. Par exemple : vous pouvez remplir votre pochette d’hydratation de 2 l. vous mettez deux pastilles, vous attendez 30 min et voilà vous avez de l’eau pour environ 2 h ! L’eau goûte un peu le chlore ? C’est certain que ce n’est pas le goût le plus agréable, mais si vous n’aimez vraiment pas cela, ajouter un peu d’électrolyte en poudre ou en pastille de votre saveur préférée et le tour est joué ! En plus d’avoir de l’eau pur, vous vous hydratez correctement 🙂

4. Planifier ses réserves d’eau 

Maintenant que vous connaissez les dangers que vous encourez à boire de l’eau dans la forêt, que vous connaissez les techniques pour bien traitez votre eau. Maintenant, planifions adéquatement notre équipement afin d’être prêt à s’hydrater correctement en pleine nature. Vous allez voir c’est relativement simple.

  • L’idéale pour boire en pleine nature est d’apporter un système interchangeable. C’est-à-dire ? Apportez 2 ou 3 gourdes d’environ 500 ml que vous pourrez remplir avant de partir et en chemin.
  • N’oubliez surtout pas vos pastilles ! Calculez le nombre de pastilles en fonction du nombre d’heures que vous partez, sachant qu’une pastille = 1 l et que nous buvons en moyenne 0,5 ml à 1 l et + par heure tout dépend de la température.
  • Le but sera toujours d’avoir une gourde remplie à porter de main. Ex ; Vous êtes en course depuis une heure, vous venez de vider votre première gourde, vous voyez un cours d’eau sur votre chemin. Remplissez là immédiatement, mettez une pastille, changez là avec l’autre que vous avez dans votre sac ou votre pochette et voilà le tour est joué !
  • C’est aussi possible de le faire avec un sac hydratation. Cependant, ayez toujours avec vous une autre gourde qui vous servira à vous hydrater lorsque votre sac sera en traitement.

Un autre petit truc très utile est de regarder sur votre carte les points d’eau disponible en chemin. Cela vous permettra de planifier vos propres ravitaillements et de conserver la bonne quantité d’eau selon le trajet à faire. Croyez-moi, manquer d’eau en plein milieu des bois à plusieurs kilomètres de la prochaine source d’eau n’a rien de très agréable… !


Je vous entends déjà me dire après tout cela, mais est-ce que je peux boire dans les ruisseaux sans système de traitement de l’eau ? Hé bien, tout ce que je peux vous dire… ne prenez surtout pas de chance… ! Une vilaine gastro peu vite arrivée et entre vous et moi, un petit peu d’eau qui goûte le chlore ne vous fera pas plus de tord que l’eau du robinet et cela vous évitera bien des inconvénients ! Que faire si vous êtes mal pris, vous n’avez pas de pastille et vous avez vraiment soif ? Sachez repérer la meilleure source d’eau possible et faite attention aux signaux d’alarme (barrage de castor, eau stagnante et boueuse, etc.) Votre corps vous remerciera ! Vous voilà maintenant apte à aller jouer dans les bois tout en restant bien hydraté, alors profitez-en un maximum ! 🙂

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– Phil 

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